INTERVIEW : GOLGOTH, QUAND DÉTERMINATION ET TALENT VONT DE PAIRES

INTERVIEW : GOLGOTH, QUAND DÉTERMINATION ET TALENT VONT DE PAIRES

Acharné, humble et vaillant, voilà les adjectifs que l’on pourrait employer afin de définir Golgoth. Le jeune rappeur belge a sorti son projet Chrysalide le 18 mars, faisant écho à son premier EP Golgoth est mort paru 1 an plus tôt. Aujourd’hui c’est un artiste plein d’ambitions qui se présente à nous, tout en gardant les pieds sur Terre.

Salut Golgoth, ton projet Chrysalide est sorti il y a 3 semaines, comment ça va ?

Franchement très bien, pour le moment j’ai eu que des bons retours. J’ai toujours pas de haters, j’espère qu’ils vont venir, c’est important d’en avoir.

C’est le signe du succès ?

Ouais carrément (rires). Plus sérieusement pour l’instant on a eu que des bons retours, tout va bien.

Tu as décidé d’appeler ton EP Chrysalide, est-ce que justement 2022 c’est pour toi une renaissance à la fois sur le plan personnel et artistique ?

Quand on a sorti Golgoth est mort, c’était déjà pour moi une renaissance. Ici on a poursuivi avec Chrysalide parce que pour moi ce que je fais c’est pas encore abouti, dans le sens où même si je vois une évolution entre les 2 projets, je sens que je peux encore m’améliorer et préciser ma direction artistique.

Si je l’ai appelé Chrysalide c’est aussi parce que c’est un projet beaucoup plus personnel, j’apporte des thèmes un peu plus introspectifs.

Cover de Chrysalide

La cover exprime une sorte de dualité avec un Golgoth tiraillé par ses émotions contradictoires. Comment cet état d’esprit se manifeste au quotidien pour toi ?

Je pense que je ne suis pas le seul dans cette situation : on est des êtres humains, des personnes avec plein d’incohérences et de contradictions. Ça se manifeste chez moi par le  fait que des fois je pète les plombs, j’envoie chier les gens autour de moi alors que d’autres fois je suis super gentil. C’est ça que la pochette représente, ce toi intérieur qui veut sortir.

Tu parles souvent de toi à la troisième personne, à commencer par le nom de ton premier projet (“Golgoth est mort”). C’est une façon pour toi de te détacher de ton personnage ?

Ouais bien sûr, mais tout le monde joue un rôle. Quand tu es avec ta famille t’es pas le même qu’avec tes potes ou au travail. Quand je suis sur scène et en interview c’est Golgoth, quand je suis avec mes proches c’est juste moi. Du coup oui ça m’arrive de parler de Golgoth à la troisième personne mais c’est pas forcément calculé. Je pense que c’est comme ça aussi pour la plupart des artistes: nous on voit que ce qu’ils veulent bien nous donner à voir. Ça me sert aussi de barrière : si Golgoth fait de la merde ou qu’un morceau marche pas, c’est une protection en mode “c’est Golgoth, c’est pas moi” (rires).

On retrouve de plus sur ce projet le thème de l’indépendance financière, auquel tu faisais déjà référence dans le morceau avec Isha (“J’voudrais qu’ça déborde de liquide, une kichta légitime”). Est-ce que cette réussite financière dont tu parles serait pour toi une manière de matérialiser un futur succès musical ?

Pour moi c’est plus une question d’indépendance financière parce que c’est quelque chose d’indispensable. Je veux que ce soit une consécration de ma musique parce que si je ne peux pas vivre de ça, ça craint. Je suis dans une période où ça commence à marcher dans la musique mais pas assez pour en vivre encore, c’est un moment charnière durant lequel tu te dis “où je vais ?”, “est-ce que je suis pas en train de faire une grosse connerie” ?”. Donc oui c’est quelque chose que j’aborde parce que ça me trotte très souvent dans la tête.

Comment tu vois cette montée en puissance de la nouvelle génération de rappeurs belges (Geeeko, YG Pablo, Tawsen) dont tu sembles faire partie ?

J’ai l’impression que la Belgique a vraiment ce côté où tout le monde se connaît donc tout le monde se donne de la force. Des rappeurs comme Damso Hamza ou encore Roméo Elvis ont mis Bruxelles sur la carte et c’est comme ça que d’autres artistes plus petits ont eu de la visibilité. Aujourd’hui y’a pleins de rappeurs parisiens qui viennent à BX pour enregistrer des morceaux parce que là-bas y’a une certaine vibe belge.

Tu penses que c’est le même processus que ce qui s’est déroulé en Amérique du Nord ? À l’époque les canadiens étaient marginalisés et aujourd’hui ils ont pris le contrôle des charts (The Weeknd, Justin Bieber, Drake).

Carrément. Je pense que tout est en train de s’ouvrir et puis on est à une époque où tout va super vite. Aujourd’hui on voit des artistes qui percent alors qu’ils sont à l’autre bout de la planète, chose qu’il y avait beaucoup moins avant.

J’ai une dernière question : qu’est-ce qui t’attend pour la suite ?

La suite on est déjà dessus ! On est en train de prévoir tout ça, je vais pas balancer des dossiers tout de suite (rires) mais je vois l’avenir en grand, plus de concerts, plus de musique.

Chrysalide, le deuxième projet de Golgoth est disponible sur toutes les plateformes.

Max

« Stephen Hawking dans le canapé »

ARTICLES SIMILAIRES

INTERVIEW : DRACKS, LA JEUNESSE, L’AMBITION, LE TALENT

INTERVIEW : DRACKS, LA JEUNESSE, L’AMBITION, LE TALENT

INTERVIEW : KAN, LA PLURALITÉ DE LA MUSIQUE

INTERVIEW : KAN, LA PLURALITÉ DE LA MUSIQUE

PORTRAIT : MENAVOR, QUAND LA RICHESSE MUSICALE RENCONTRE L’HONNÊTETÉ

PORTRAIT : MENAVOR, QUAND LA RICHESSE MUSICALE RENCONTRE L’HONNÊTETÉ

INTERVIEW : AXELENCE, RAPPEUR AUX PALETTES MULTIPLES

INTERVIEW : AXELENCE, RAPPEUR AUX PALETTES MULTIPLES

Notre dernière vidéo:

Coup de cœur :

Kobo – Anagenèse

Anagenèse - Kobo - CD album - Achat & prix | fnac